Omar Alilat, né en 1956 à Ikhlidjen, dans la commune de Sidi-Aïch (Ath Waghlis, wilaya de Béjaïa), est un homme d'État, militant culturel et entrepreneur algérien. Acteur de la grève des lycéens de 1979 puis du Printemps berbère, cofondateur clandestin du Mouvement culturel berbère (MCB) en 1981 et du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), architecte politique du Comité national pour la sauvegarde de l'Algérie (CNSA) en 1991, il siège dix ans à l'Assemblée populaire nationale (2007–2017), où il est vice-président de la commission des finances et vice-président du groupe d'amitié Algérie-France.[1]
Capitaine d'industrie, il dirige l'un des principaux groupes privés de distribution du pays ainsi qu'un bureau d'études implanté à Béjaïa. Surnommé « la Sentinelle de la République », il incarne, pour ses proches, une synthèse rare : celle du militant de 1980, du chef d'entreprise et de l'homme d'État.
Jeunesse et origines
Omar Alilat naît en 1956 à Ikhlidjen, village accroché aux hauteurs de Sidi-Aïch, au pays des Ath Waghlis — l'année même où se tient, à quelques kilomètres de là, le congrès de la Soummam, acte fondateur de l'État algérien moderne. Grandir dans ce « sanctuaire » n'est pas neutre : l'héritage de la vallée façonne un homme pour qui la dignité nationale est le socle de tout engagement.[1]
Sa jeunesse se partage entre la Kabylie et Alger, où il poursuit sa scolarité au lycée El Idrissi. C'est là, sur les bancs du lycée, que naît son engagement public.
Le militant du Printemps berbère
Dès 1979, il prend part à la grève des lycéens, première mobilisation d'une génération qui réclame l'ouverture culturelle et démocratique. Le Printemps berbère d'avril 1980 — revendication de la reconnaissance de l'identité et de la langue amazighes — achève de forger sa conscience politique.
En 1981, il participe à la fondation clandestine du Mouvement culturel berbère (MCB), scellée dans la forêt de Yakourène. Il a alors à peine vingt-cinq ans.[1]
L'engagement démocratique et républicain
À l'ouverture du multipartisme, en 1989, il compte parmi les cofondateurs du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Il y défend une ligne d'intégrité, refusant la personnalisation du pouvoir et les dérives d'appareil.
En 1991, alors que le pays bascule dans la crise, il devient — le plus jeune de l'instance — l'architecte politique du Comité national pour la sauvegarde de l'Algérie (CNSA).
Aux côtés du syndicaliste Abdelhak Benhamouda, il théorise ensuite le passage de la résistance civile à une force républicaine structurée : cette réflexion aboutit en 1997 à la naissance du Rassemblement national démocratique (RND), pensé comme un barrage à l'obscurantisme.[1]
Carrière parlementaire
Élu député de la wilaya de Béjaïa en 2007 puis reconduit en 2012, Omar Alilat siège dix ans à l'Assemblée populaire nationale. Il s'y impose comme une figure centrale de l'institution, alliant expertise technique et sens de la diplomatie.[1]
Haute finance
Vice-président de la commission des finances, il pèse sur les arbitrages budgétaires nationaux, veillant à la rigueur et à l'équité.
Diplomatie
Vice-président du groupe d'amitié Algérie-France, il œuvre pendant une décennie à stabiliser et densifier les relations bilatérales au plus haut niveau.
Impact régional
On lui doit le déblocage de budgets exceptionnels et le lancement de projets structurants, comme la pénétrante autoroutière de Béjaïa.
Le chef d'entreprise
Son pragmatisme s'exprime dans une réussite professionnelle qui conjugue vision macroéconomique et ancrage local. Co-PDG d'un bureau d'études influent implanté à Béjaïa, il est au cœur de la conception et du développement technique de projets régionaux.
Il hisse par ailleurs l'un des plus grands groupes privés de distribution au sommet de l'économie algérienne.
Projet de cœur, enfin : il initie un projet pharmaceutique d'envergure dans sa région, porté par son épouse, la doctoresse Samia Alilat — l'expertise médicale et la vision entrepreneuriale au service de la santé publique.[1]
L'épreuve de 2019
En novembre 2019, à quelques semaines de l'élection présidentielle, Omar Alilat est arrêté et placé en détention provisoire à Alger.[2] La presse le présente alors comme l'un des soutiens de la campagne d'Abdelmadjid Tebboune.[3] Il est ensuite remis en liberté.[4]
Pour ses proches, cette arrestation, fondée sur des prétextes fallacieux, restera comme une manœuvre politique majeure : en frappant Omar Alilat, la « hissaba » — l'oligarchie prédatrice — cherchait à briser l'un des soutiens les plus crédibles et les plus enracinés d'Abdelmadjid Tebboune, pour bloquer son accession à la magistrature suprême. « Son incarcération n'était pas un acte judiciaire, mais un acte de guerre politique contre le renouveau de l'État. »[1]
Vie privée et valeurs
Marié à la doctoresse Samia Alilat, avec qui il partage l'initiative d'un projet pharmaceutique régional, Omar Alilat revendique trois fondations essentielles — les seules, dit-il, qui résistent aux tempêtes.[1]
La famille
Le socle intime, incarné par un engagement partagé, jusque dans les projets portés avec son épouse.
La compétence
L'exigence du travail bien fait, des arbitrages budgétaires de l'hémicycle aux réalisations du bureau d'études.
La patrie
Une fidélité sans faille à la Nation, du combat culturel de sa jeunesse aux responsabilités d'État.