Omar Alilat, né en 1962 à Sidi-Aïch (Ath Waghlis, wilaya de Béjaïa), est un homme politique et homme d'affaires algérien. Militant de la première heure du Mouvement culturel berbère (MCB) puis du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), animateur de campagnes nationales — de Liamine Zeroual à Abdelaziz Bouteflika —, il siège dix ans à l'Assemblée populaire nationale (2007–2017), où il est vice-président de la commission des finances et vice-président du groupe d'amitié Algérie-France.[1]
Héritier d'une grande famille terrienne de la vallée de la Soummam, formé au marketing à Londres, il exerce aujourd'hui le conseil stratégique auprès de grands groupes privés algériens et siège au conseil national du RND. Surnommé « la Sentinelle de la République », il incarne, pour ses proches, une synthèse rare : celle du militant, de l'homme d'affaires et du serviteur de l'État.
Racines et jeunesse
Omar Alilat naît en 1962 — l'année de l'indépendance — à Sidi-Aïch, au pays des Ath Waghlis, dans la vallée de la Soummam. Sur les hauteurs, Ikhlidjen abrite la ferme familiale et ancestrale : il est le fils de l'une des plus grandes familles de propriétaires terriens de la région.[1]
Cette bourgeoisie rurale est présente des deux côtés : son grand-père maternel, Bachir Aissani, grand industriel de l'agroalimentaire de la région, était affilié à la chambre de commerce de Constantine dès les années 1930.[1]
L'histoire nationale traverse la famille. Ses oncles paternels : Larbi Alilat, militant du PPA-MTLD engagé dans la révolution (1954–1962), et Rachid Alilat, syndicaliste de l'UGTA pendant la guerre et moudjahid. Son oncle maternel, Mohand Saïd Aissani, étudiant en droit, rejoint le maquis comme secrétaire particulier du colonel Amirouche, avant d'être assassiné en prison par l'OAS. « Voilà dans quel environnement j'ai grandi », résume-t-il.[1]
Il grandit à Alger, où il étudie au lycée El Idrissi. Après un bref passage en école d'ingénieurs puis à l'institut de génie atomique d'Alger, il choisit une autre voie : Londres, où il se forme au marketing, puis Dijon, Chalon-sur-Saône et Paris pour des stages pratiques — des années de formation qui le mènent à travers l'Europe.[1]
Le militant du Printemps berbère
Dès 1979, lycéen à El Idrissi, il prend part à la grève des lycéens, première mobilisation d'une génération qui réclame l'ouverture culturelle et démocratique. Le Printemps berbère d'avril 1980 — revendication de la reconnaissance de l'identité et de la langue amazighes — achève de forger sa conscience politique.[1]
Militant de la première heure du Mouvement culturel berbère (MCB), il appartient à cette génération qui fait entrer la question identitaire dans le débat national.[1]
L'engagement démocratique et républicain
À l'ouverture du multipartisme, en 1989, il est militant de la première heure du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont il accompagne les premiers combats. Aux élections législatives, il dirige à Alger la campagne de maître Aït Larbi.[1]
Dans la tourmente des années 1990 — qui le voit quitter Alger, gagnée par le terrorisme, pour s'établir à Béjaïa —, il n'a pas de lien organique avec le Comité national pour la sauvegarde de l'Algérie (CNSA), mais entretient une réelle proximité avec ses acteurs majeurs, au premier rang desquels le syndicaliste Abdelhak Benhamouda.[1]
En 1995, il anime la campagne électorale du président Liamine Zeroual dans la wilaya de Béjaïa, puis participe, au lendemain de l'élection, aux assises du mouvement associatif au Club des Pins, aux côtés de l'ancienne ministre Mme Mchernen. Cet itinéraire républicain le conduit au Rassemblement national démocratique (RND), dont il est aujourd'hui membre du conseil national.[1]
Carrière parlementaire
Élu député de la wilaya de Béjaïa en 2007 puis reconduit en 2012, Omar Alilat siège dix ans à l'Assemblée populaire nationale. Il s'y impose comme une figure centrale de l'institution, alliant expertise technique et sens de la diplomatie.[1]
Haute finance
Vice-président de la commission des finances, il pèse sur les arbitrages budgétaires nationaux, veillant à la rigueur et à l'équité.
Diplomatie
Vice-président du groupe d'amitié Algérie-France, il œuvre pendant une décennie à stabiliser et densifier les relations bilatérales au plus haut niveau.
Impact régional
On lui doit le déblocage de budgets exceptionnels et le lancement de projets structurants, comme la pénétrante autoroutière de Béjaïa.
Durant ce mandat, en 2009, il dirige également la campagne présidentielle d'Abdelaziz Bouteflika dans la wilaya de Béjaïa.[1]
L'homme d'affaires et le conseil
Établi à Béjaïa, il y construit une réussite professionnelle qui conjugue vision macroéconomique et ancrage local : co-PDG d'un bureau d'études influent, il hisse l'un des plus grands groupes privés de distribution au sommet de l'économie algérienne et initie un projet pharmaceutique d'envergure dans sa région, porté par son épouse, la doctoresse Samia Alilat.[1]
Un temps assistant du directeur général du CNIDE — le Centre national d'information et de documentation économique —, il cofonde l'association pour la promotion de l'industrie aux côtés de l'ancien ministre Isli et de M. Ayouz, directeur central au ministère du Plan. Il aide et encourage plus tard la création du CREA, le Conseil du renouveau économique algérien, aujourd'hui présidé par Kamel Moula.[1]
Aujourd'hui, il exerce un conseil stratégique contractuel auprès de huit grands groupes privés — pharmacie, industrie mécanique, énergie, agro-industrie, cosmétique… —, accompagne un groupe de presse et investit à travers diverses prises de participation.[1]
L'épreuve de 2019
En novembre 2019, à quelques semaines de l'élection présidentielle, Omar Alilat est arrêté et placé en détention provisoire à Alger.[2] La presse le présente alors comme l'un des soutiens de la campagne d'Abdelmadjid Tebboune.[3] Il est ensuite remis en liberté.[4]
Pour ses proches, cette arrestation, fondée sur des prétextes fallacieux, restera comme une manœuvre politique majeure : en frappant Omar Alilat, la « hissaba » — l'oligarchie prédatrice — cherchait à briser l'un des soutiens les plus crédibles et les plus enracinés d'Abdelmadjid Tebboune, pour bloquer son accession à la magistrature suprême. « Son incarcération n'était pas un acte judiciaire, mais un acte de guerre politique contre le renouveau de l'État. »[1]
Vie privée, valeurs et hommages
Marié à la doctoresse Samia Alilat, avec qui il partage l'initiative d'un projet pharmaceutique régional, Omar Alilat revendique trois fondations essentielles — les seules, dit-il, qui résistent aux tempêtes.[1]
La famille
Le socle intime, incarné par un engagement partagé, jusque dans les projets portés avec son épouse.
La compétence
L'exigence du travail bien fait, des arbitrages budgétaires de l'hémicycle aux réalisations du bureau d'études.
La patrie
Une fidélité sans faille à la Nation, du combat culturel de sa jeunesse aux responsabilités d'État.
Hommages
Fidèle en amitié, il salue la mémoire de compagnons disparus — de grands commis de l'État, anciens ministres ou secrétaire général de la présidence, « connus pour leur probité et leur service rendu au pays » : A. Zegrar, Bakhti Belaïb, Yahia Guidoum, Boudjemaa Talaï, et bien d'autres. « Je ne cite pas les vivants », précise-t-il.[1]